L’axe du discours prononcé par Sarkozy devant le Congrès à Versailles s’inscrit dans la continuité de toute sa politique passée. Dans une situation où la crise ne cesse de s’aggraver (on annonce désormais des centaines de milliers d’emplois détruits pour chaque trimestre dans la période qui vient), le président a concentré son discours sur trois axes : 1 – Poursuivre la politique d’accompagnement des destructions d’emplois en proposant « aux partenaires sociaux de prendre des mesures en faveur de l’activité partielle et d’étendre le contrat de transition professionnelle ». 2 – Ouvrir aux spéculateurs des possibilités nouvelles de faire fructifier leur capital par un emprunt public basé sur un taux garanti de rémunération paliant les carences du marché. 3 – Faire financer ce pillage des fonds publics par la classe ouvrière, aussi bien par la poursuite du démantèlement des services publics (non remplacement des fonctionnaires, attaques contre les écoles, contre les hôpitaux, privatisations) que par l’offensive annoncée contre les régimes de retraite, les travailleurs devant se préparer à partir plus tard en retraite et avec des taux de pension diminués. Il n’y a pas lieu de s’en étonner. De manière provocatrice et délibérée, Sarkozy a déclaré : « L’idée d’une France sans usine et sans ouvriers est une idée folle. » Dès lors, comment comprendre que tous les dirigeants des partis qui se réclament de la classe ouvrière et de la démocratie commentent les discours du chef de l’Etat sans mettre en évidence que « la France sans usine et sans ouvriers », c’est ce à quoi conduit la politique de destruction des emplois et des plans sociaux que Sarkozy, précisément, propose de généraliser ? Et comment comprendre que pas un seul de ces responsables de partis n’oppose au discours de Sarkozy l’impérieuse nécessité de prendre les mesures d’exception et d’urgence interdisant les licenciements par la loi ? Le discours de Sarkozy se résume à ceci : il entend poursuivre une politique qui vise à sauver les spéculateurs et à détruire le travail salarié, à détruire la classe ouvrière. A cela, le devoir de toute organisation qui prétend parler au nom des ouvriers, des paysans, des jeunes est de dire : – Halte là ! Unité ! Unité pour l’interdiction, maintenant, tout de suite, de tous les licenciements. – Unité pour la nationalisation, sans indemnité ni rachat, de toutes les entreprises qui mettent les ouvriers à la porte et, bien sûr, – Confiscation des 420 milliards d’euros donnés aux spéculateurs. Telle devrait être la réponse unanime des organisations se réclamant de la classe ouvrière et de la démocratie. Il faudra bien que se fraie la voie à cette solution, la seule susceptible de sauver la population laborieuse d’un désastre en cours. En ce sens, l’appel lancé par les ouvriers de Caterpillar, commençant à organiser la mobilisation unie pour l’interdiction des licenciements, apporte une réponse et pose une question à quiconque prétend représenter les intérêts ouvriers.

Mardi 23 juin 2009

Les secrétaires nationaux du POI Jean Markun, Gérard Schivardi, Claude Jenet, Daniel Gluckstein

Dix ouvriers de Caterpillar, parmi lesquels des responsables syndicaux, s’adressent à tous les délégués et militants ouvriers de nos entreprises, soutenus par le Comité de Grenoble-Agglo pour une marche unie sur Paris pour l’interdiction des licenciements qui a publié, le 13 mai, un appel aux responsables et élus du PCF.

Grenoble le 8 juin 2009

Nous sommes à la veille de l’été et chez Caterpillar, comme dans des centaines d’entreprises de ce pays, on a le couteau sous la gorge…

La direction américaine nous a fixé un ultimatum dans quatre mois.

C’est un chantage qu’on peut résumer en deux mots : « Ou bien vous validez l’accord, nous disent-ils, et c’est 600 licenciements, ou bien vous ne validez pas et c’est 733 licenciements. » Ce chantage, nous l’avons déjà refusé lors du vote du 23 avril dernier.

Mais la question se pose : ne s’agit-il pas d’une première étape et n’ont-ils pas décidé, en réalité, de liquider les 2 500 emplois de l’entreprise comme cela c’est passé à Arcelor Mittal avec 300 licenciements du début et  la fermeture à la fin !

Des centaines d’entreprises sont dans la même situation que nous.

Nous posons la question : qu’est-ce qu’on fait ?

Pour notre part, nous avons approuvé l’intervention faite par l’un des nôtres à la « Conférence nationale de délégués pour la marche unie pour l’interdiction des licenciements » les 15 et 16 mai à Puteaux. Il a eu cent fois raison de dire devant 300 délégués ouvriers :

« On a tout fait… On a fait grève, on a organisé des AG, on a brûlé des pneus, on est allés à Bercy, où ils ont essayé de faire signer à nos délégués un “protocole informel” pour nous faire avaler 600 licenciements… On a dit non. Ils veulent nous refaire voter. Combien de fois il va falloir le dire ? Non, c’est non. Je dis stop, ça suffit ! Aux dirigeants des partis, je dis vous êtes des partis de gauche, vous avez le pouvoir d’appeler à une marche unie pour l’interdiction des licenciements. Appelez ! Allez-y ! »

Depuis, nous nous sommes adressés, avec notre comité pour la marche unie, à la direction du PCF qui organisait le 28 mai un rassemblement devant l’Assemblée nationale à l’occasion du dépôt, par ses députés, d’un projet de loi visant à interdire les « licenciements boursiers ». Nous lui avons dit :

« Puisque votre parti organise des délégations à Paris le 28 mai, nous vous proposons de vous adresser sans tarder à tous les autres partis (PS, PG, POI, NPA, LO) pour appeler ensemble les travailleurs de l’agglomération grenobloise à se mobiliser pour dire : interdiction des licenciements chez Caterpillar et ailleurs, qui sont tous des licenciements boursiers. »

Les réponses données alors ne sont en rien satisfaisantes et ne correspondent pas à l’urgence… Malgré cela, certains d’entre nous sont quand même montés à Paris le 28 mai. Sur place, nous n’étions qu’une poignée.

Comment cela aurait-il pu en être autrement ? La direction du PCF n’avait appelé ni les autres partis, ni toutes les entreprises à se joindre à eux et à Grenoble, dans le cadre des journées d’action qui n’ont rien apporté aux revendications, elle a appelé seulement à un pique nique devant la Préfecture.

Nous regrettons que les états-majors des partis PS, PCF, PG, NPA et LO aient dédaigné de répondre à nos demandes pour se concentrer exclusivement sur l’échéance des élections européennes.

Aujourd’hui c’est du passé, en revanche les licenciements, à Caterpillar et dans beaucoup d’entreprises sont immédiatement devant nous.

Et maintenant, que fait-on ?

On nous présente de toutes parts les 50.000 € de prime de départ arrachés à Continental comme la solution à reprendre partout pour répondre aux ouvriers confrontés aux plans de licenciements dans tout le pays.

…/…


Nous posons la question :

¢ Serions-nous condamnés à nous battre chacun dans son entreprise pour la meilleure prime de départ ?

¢ Serions-nous condamnés à une situation où tous nos délégués syndicaux, tous nos syndicats seraient irrémédiablement contraints à valider ou à accompagner les licenciements ?

C’est une évidence, à partir du moment où les licenciements seraient inévitables, il vaut mieux partir avec les 50 000 € qu’avec rien du tout.

¢ Mais pourquoi devrait-on admettre qu’il n’y a pas d’autre solution que les licenciements ?

Nous refusons d’être condamnés à réagir entreprise par entreprise et à n’avoir d’autre possibilité que d’améliorer le montant des primes de départ et les dispositions sociales accompagnant les suppressions d’emplois. Nous voulons garder notre travail. Nous voulons que les emplois soient préservés pour nous et pour les jeunes.

Est-il possible d’admettre que notre sort, le sort des ouvriers de Caterpillar, Goodyear, Hewlett-Packard, Timken… soit scellé ?

Nous disons : non !

Nous invitons nos collègues de travail à se tourner, à nouveau, avec nous, dans un nouvel et pressant appel vers les partis se réclamant du mouvement ouvrier.

Nous invitons tout particulièrement nos collègues de travail membres du PCF, du PS… à s’adresser à leur parti pour leur dire :

« Il y a urgence à décider l’organisation d’une marche unie pour l’interdiction des licenciements. Nous sommes prêts à l’organiser avec vous dans chacune de nos entreprises, dans chacune de nos villes. Nous ne comprenons pas que vous continuiez à tergiverser. Nous ne l’acceptons pas. Ecoutez-nous quand nous vous disons que nous ne pouvons accepter de voir nos emplois supprimés, nos familles condamnées à la misère.»

Nous nous adressons à tous

Nous sommes à ce jour plus de 65 000 dans tout le pays à avoir signé l’appel pour une marche unie pour l’interdiction des licenciements, nous avons constitué des centaines de comités pour cette marche. Et maintenant, que faire ?

Nous posons la question :

Si les dirigeants du PS, du PCF, du PG, du NPA, de LO, persistent, ne faudrait-il pas que nous organisions nous-mêmes une montée à Paris ? Cela constituerait un premier pas dans la préparation de la marche unie pour l’interdiction des licenciements qui doit être appelée dans l’unité des partis, et pour laquelle nous combattons plus que jamais.

Nous vous invitons, en signant cet appel, à organiser dans chacune de vos entreprises et localités un comité qui agisse pour la marche unie.

Il y a urgence. Faisons connaître cette initiative. Faisons savoir que nous sommes prêts.

Nous vous soumettons cette proposition.
Pour l’interdiction des licenciements ! Pour la marche unie !

Je m’inscris pour organiser et agir pour la marche unie pour l’interdiction des licenciements

Nom, prénom

Entreprise

Qualité

Signature

Correspondance : POI 10 rue Sidi-Brahim 38100 GRENOBLE
e-mail : poi38@free.fr

752 finistériens

Ont signé cet appel issu des Conférences Nationales pour l’unité du 7 décembre 2008 et des 15/16 mai 2009 à PARIS

Les travailleurs sont prêts. Ils l’ont montré dans les grèves et manifestations de ces dernières semaines. Que manque-t-il, sinon l’unité à tous les niveaux des travailleurs et des organisations sur les mots d’ordre de défense de la classe ouvrière et de la démocratie ?

Organisons-nous pour aider à imposer l’Unité !

Rien ne doit s’opposer à l’unité des travailleurs et des organisations. Aucune organisation se réclamant de la classe ouvrière et de la démocratie ne saurait se dérober à l’impérieux devoir d’unité pour les mesures de sauvegarde et de salut public sans lesquelles le peuple français est condamné à s’enfoncer dans la désertification industrielle et rurale, dans la misère, dans la déchéance.

Ces mesures de sauvegarde sont plus particulièrement :

L’interdiction des licenciements

et de toutes les mesures de chômage partiel et technique, le maintien aux effectifs de tout le personnel (CDI, CDD, Intérimaires), quitte à décréter la nationalisation pour imposer ces décisions.

L’annulation

de tous les plans et contre-réformes détruisant l’emploi dans les entreprises et services publics, dont la loi Bachelot, la loi Boutin, les décrets Darcos, les plans de privatisation de La Poste, d’EDF-GDF, de la SNCF, etc.

de tous les plans et contre-réformes interdisant à la jeunesse d’accéder à un vrai diplôme, un vrai travail, un vrai salaire (LMD-LRU- Plan Campus etc.)

de toutes les mesures de mise en jachère des terres et de liquidation des productions agricoles. La garantie par l’Etat d’un prix rémunérateur de la pêche et de la production agricole.

Plus une seule entreprise, plus un site industriel ne doit être fermé ! Plus une école, plus un bureau de poste, plus un hôpital, plus une perception, et aucun emploi ne doit être supprimé, pas d’avantage dans les entreprises privées que dans les services publics de l’Etat !

Pour une marche unie sur Paris

Pour notre part, et quels que soient les engagements de chacun,

nous estimons que l’unité est une nécessité urgente et vitale.

Nous nous prononçons pour l’organisation, sans délai,

de la marche unie de toute la population avec les travailleurs,

les organisations, les élus, la jeunesse, les paysans, les retraités,

pour aller à Paris,

exiger que soient prises ces mesures de salut public.

Cet appel est soutenu fortement par le Parti Ouvrier Indépendant

Je m’associe à cette proposition

Nom, prénom

Adresse, e-mail, téléphone

Qualité

Soutien

financier

Signature

publique

Contact, correspondance : Roger CALVEZ, 19 rue des frères du Temple 29200 BREST

Signatures publiques au 15 juin 2009

Bannalec : Fabrice LE DANVIC, militant NPA

Bénodet : Eric SEVENOT

Brest : Jean-Philippe ASSENS – Lucie AURIGNY, militante laïque – Pascal BALLET, enseignant-chercheur – Marie-Pierre BAUDOIN – Betty BOISSEAU, membre PCF – Hugues BOUCHE, militant POI – Alain BOUDERF – Yann BOURLES, fonctionnaire – Denis BRETON, ouvrier DCNS – José BRUNED, enseignant – Roger CALVEZ, syndicaliste – Jérôme CARDOT, enseignant – Marion CARLO, étudiante – Agnès CHAGROT, agent justice – Mathieu CITHRAIVAITRIEL, étudiant – Marie CLAES, vacataire mairie – Roland CORRE, chauffeur – Fred D’AGOSTIN, ouvrier – Henda DJERIDI, professeur d’université – Alain ESCABASSE, ingénieur – Karim FAKRI, membre MJS – Aurélie FEC, étudiante – Jean-Pierre FLOCHLAY, chauffeur routier – Stéphanie FLOCHLAY, aide à domicile – Erell GETIN, étudiante – Magali GUERREUR, agent justice – Rachid GHETTOS, artisan – Thibault GOGE, animateur socio culturel – Benoît GORDET, ingénieur – Joël GUENE, retraité TM – Bernadette GRISART, technicienne – Jean-Yves HENRY, employé CPAM – Catherine HUON, membre PS – Choukri KOUKHOUD, lycéen – Mohamed KOUKHOUD, électricien – Gurvan LEBEHEREC, enseignant – Véronique LESIGNOR, infirmière – Michel LIEUTET, syndicaliste – Ronan LIEUTET, citoyen -Laetitia MENTEC, comédienne – Myriam MICHELET – Elisabeth MICHEL – GUILLOU, enseignant-chercheur – Huguette MURAT, militante laïque – Stéphane MURAT, militant POI – Muriel PAUL, étudiante – Michel PENAUD, adhérent PS – Eric PONDAVEN – Yannick PONT, étudiant – Franck RANNOU, artiste – Joël ROMA, citoyen – Dominique RONCERAY, syndicaliste – Florent ROUSSEAU, étudiant – Manuel SALAUN, ouvrier TM – Sylvie SANDRE, syndicaliste – Vanessa SAUVAGE, étudiante – Pierre SEFANI, retraité – Nadine SOUFFLET, secrétaire – Christian TANGUY, militant POI – Michelle TANNEAU, infirmière – Patrick TOULEMENONT, gestionnaire – Léa TREVIEN, étudiante – Gwenoline VILMIN, étudiante – Luz ZAPATA-REINERT, enseignante chercheur.

Combrit : Christian CADIOU – Valentine GLOUNCKI, syndicaliste – Hélène IMBERT, profession libérale – Yvon LE GOIC - Sylvie TUAILLON

Ergué Gabéric : Jean-Yves SAGET, électricien – Martine SAGET, retraitée

Fouesnant : Denise COLINAS – Manuel COLINAS – Marguerite MORVAN, militante PCF

Gouesnach : Sylviane LE MOHER, enseignante

Guipavas : Christine CAUVIN, enseignante – Ronan COZIAN – Gérard MEUDEC, métallier

Guipronvel : Paul MARCHAND, agent hospitalier

Landerneau : Jean-François GUIVARCH, EVS – Jeanne GUIVARCH, retraitée – Christine GUYON, militante POI – Yves GUYON – Pascal JOUCHET – Cathy LE GOUPIL – Nicolas LOAEC – Nicole PARC, employée CPAM – Renan PERON – Gaëlle PLEIMLING, préparatrice en pharmacie – Catherine SIVIENNE – Katell TERRIEN

Lannilis : Louise BERGOT, retraitée – Xavier MARCIANO, ouvrier défense – Françoise SAGE, syndicaliste – Jean-Claude SAGE, métallier – François THOMAS, retraité

Le Guilvinec : Denis BARGAIN, surveillant de port retraité – Laure COMMARIEU, citoyenne – Robert LE CLOAREC, militant PCF – Dominique LE THOUEMENT

Loctudy : Marie Paule AURIOT – Philippe AURIOT – Mme LAURENT – LE DREAU, retraité – Eliane LE ROUX – Annaïck RAOUL

Logonna Daoulas : Alain WAGMANN, syndicaliste – Anne Marie WAGMANN, enseignante

Penmarch : Séverine LE GOFF, esthéticienne -

Plogastel St Germain : Cédric MONTAGOT

Plomeur : Henri JAFFRY, marin pêcheur retraité – Suzanne PICARD – Antoine SUBTIL, syndicaliste – Martine SUBTIL, militante POI

Plonéour Lanvern : Nadia LE BELLEC, pêcheur à pied syndicaliste – LE ROY, retraité

Plouescat : Alain PAUGAM, membre PS

Plouguerneau : Jacques LOTROUS, syndicaliste

Pont l’Abbé : Jean-Pierre ALLARDOT, militant POI – Odile ALLARDOT, éducatrice – Catherine ANDRO, secrétaire – Christelle BALIN – Patrick BERTHELOT, membre NPA – Sakeine BOULAS, syndicaliste – Josiane BRUNE, socialiste – Paul CANEVET, retraité – Sophie CASTEL, militante PS – Frank COUTON, syndicaliste – Roger DUPAS, militant PCF – Erwann FAILLET, salarié indépendant – Anne FAUCHE, employée – Josiane FAUCHE, retraitée – Jean FEREY, retraité – Nathalie GUIVARC’H, salariée – Joël HERIOT, facteur – Sylvie KAYA, syndicaliste – Annaïck KERLOCH, employée – Bernard KERVIEL – Fabien LARNICOL – Marc LASTENET, employé commerce – Danièle LE BAILLY, ASEH – Françoise LECROQ, militante POI – Martine LE FAOU, enseignante retraitée – Marguerite LE GOFF, pré retraitée – Gwenaëlle LE LAY, serveuse – Fabien LELIEVRE, infirmier – Hubert LEMARIE, syndicaliste – Pascale LE TALLEC, commerçante – René LE TIRILLY, retraité – LOGEROT, retraité – Franck LOUBARD, chômeur licencié – Olivier MAOUNY, maçon – Jean OLLIVIER, retraité – Katia ROBIN, sympathisante NPA – Marie Thérèse ROUILLAT – Xavier ROUILLAT – Carole ROUTIER , chômage bâtiment – M. ROUX, militante PS – Patricia TOULEMONT – Nicolas TRIPIER – M. VEVAN, fonctionnaire – Micheline VOLANT, retraitée

Pouldreuzic : Catherine TANNEAU CARIOU, enseignante

Quimper : Christèle FRAISSE, maître de conférence – Gwen NIOCHE – Jean-François SIMIER – Madeleine SIMIER

Le Relecq Kerhuon : Lydie CONTIGNON, militante POI – Annie KERFOURN, assistante sociale – Elisabeth LE MOIGNE, retraitée

St Jean Trolimon : Hélène FIACHETTI, vendeuse retraitée – Jean FRAZET – Mme GENTRIC, aide soignante

Tréffiagat : Yves GRISSONANCHE – André LE BIHAN, retraité – Claude QUINIOU, retraité

Tréméoc : Martine BEAUNAY, employée – Félix KERLAMEN, retraité – Paul LE GUERN, citoyen

Chers camarades,

Merci d’avoir répondu à l’appel qui a été fait d’organiser ensemble une « marche unie sur Paris pour interdire les licenciements ».

Nous entendons, chers camarades, dissiper tout de suite ce qui sans doute est un malentendu.

La date et le parcours de la marche unie sur Paris pour l’interdiction des licenciements ne sont absolument pas décidés.

Le POI a son propre calendrier de meetings, de rassemblements, comme le NPA, comme tous les partis, mais à aucun moment nous n’avons – et pour cause – proposé une date pour cette marche unie.

Ainsi, vous avez pu le voir au travers de nos communiqués, de la « Une » de notre journal « Informations Ouvrières », de nos affiches, de nos tracts, comme vous le dites, c’est notre campagne propre du POI et c’est notre droit de mener nos activités et notre campagne d’organisation. Comme chacun peut le faire.

Mais la question de la bataille commune pour une marche sur Paris sur le mot d’ordre d’interdiction des licenciements reste posée. Ceci également sans à priori. C’était aussi le sens de notre intervention lors de la réunion commune le 17 février. Lors de cette réunion, nous avons sollicité toutes les organisations présentes.

Aujourd’hui, alors que l’annonce de fermeture d’usines est quotidienne, alors que, après les 90.200 chômeurs de plus en Janvier, ce sont encore plus de 80.000 chômeurs en Février, cela fait que, dans ce pays, nous en sommes à deux chômeurs de plus par minute !

Qui peut dire que cette question n’est pas la question centrale aujourd’hui ?

Comment répondre positivement à l’angoisse de la population si ce n’est par ce mot d’ordre clair: interdiction des licenciements ?

Dans le car qui nous menait à Nantes, pour l’un de nos rassemblements régionaux qui a regroupé plus de 1000 travailleurs et jeunes, on pouvait lire dans la presse locale de ce 21 mars : « Grass Valley. Thomson vend les sites de Brest et Cesson-Sévigné : sont concernés à Plouzané (29) 78 employés et Cesson-Sévigné environ 400. … Le délégué syndical y voyant le début du démantèlement de Thomson. » Un peu plus bas, on peut lire : « Unicopa : les salariés redoutent un plan social ». Et tout à côté : « La Bretagne a vu son taux de chômage grimper de 10% au dernier trimestre. » Le 26 mars, l’autre quotidien titrait à propos de Jabil: « 102 salariés du site brestois du géant de l’électronique ont reçu leur courrier de licenciement. ».

Allons-nous attendre longtemps avant de réagir ensemble pour stopper tout cela, stopper cette hémorragie qui ne va pas s’arrêter si nous ne l’arrêtons pas ? N’est-ce pas la responsabilité aujourd’hui des organisations qui se réclament de la classe ouvrière et de la défense de ses intérêts ?

Si le NPA est d’accord en principe sur cette position qui est « d’interdire les licenciements », pourquoi ne pas se rencontrer et en discuter ? N’est-ce pas ainsi en s’adressant aux autres organisations, la possibilité de les convaincre également de la nécessité et de l’urgence d’une telle campagne ?

Il y a à ce jour de nombreux endroits, départements, villes où des « comités de préparation et d’organisation de la marche unie sur Paris pour interdire les licenciements » sont constitués avec parfois les sections en tant que telles du NPA, du PCF, du PG,du PS ou de LO.

Pourquoi pas ici à Brest ?

Encore une fois, aucune date n’est fixée, le parcours de la marche non plus.

Mais aujourd’hui, il faut donner cette perspective claire aux salariés de ce pays qui voient tous les sites industriels se fermer, qui voient l’entêtement du gouvernement à continuer de supprimer massivement les emplois publics (30.000 dans la Fonction publique d’Etat, 20.000 dans la fonction publique hospitalière).

Oui, vite ! il faut l’unité pour interdire les licenciements ! Les 3 millions de manifestants le 19 mars l’ont quelque part exprimé, très clairement dans de nombreux cortèges syndicaux en réclamant l’interdiction des licenciements.

Nous sommes bien d’accord avec vous quand vous dites qu’il faut « aller vers la grève générale jusqu’à satisfaction », c’est-à-dire qu’il faut en finir aussi avec les « journées d’action » saute-moutons qui n’en finissent pas, qu’il faut des mots d’ordre clairs et qui répondent aux aspirations dont, nous pensons, celui qui consiste à dire et à se battre tout de suite pour l’interdiction des licenciements.

En espérant avoir levé quelques malentendus entre nous et pourvoir se rencontrer dans les plus brefs délais, recevez nos sincères salutations.

Brest, le 26 mars 2009

Pour le comité de Brest

Roger Calvez

manifestation-16-mai

Maintenant, tout de suite, il y a urgence à réaliser l’unité pour la marche sur Paris pour interdire les licenciements.

Il n’y a pas de journée qui passe sans que soient annoncées de nouvelles fermetures d’usines, de milliers de licenciements, de plans sociaux.

3000 licenciements par jour depuis le début de l’année.

il faut que cela cesse !

Il y a quelques jours, 102 salariés de chez Jabil recevaient leur lettre de licenciement. Le même jour, on apprenait que les sites de Thomson (Brest et Rennes) étaient vendus, les délégués syndicaux y voyant « un début de démantèlement ». Des plans sociaux sont redoutés chez Unicopa. (Le Télégramme du 21 mars)

Le taux de chômage sur Brest a progressé de 16% en un an : 12 261 demandeurs d’emplois de catégorie 1 fin février 2009.

Les ouvriers témoignent (Ouest-France du 27 mars):

- « On nous a dit de ne pas revenir lundi. Le vendredi 31 janvier, la patron m’a dit que ce n’était pas la peine de venir au boulot le lundi. Le mardi ; il était au tribunal de commerce. La société a été mise en liquidation judiciaire. (…) C’est impensable qu’une entreprise de plus de 20 ans disparaisse du jour au lendemain. Surtout que c’est en aucun cas justifié par la crise, il y avait du boulot. On devrait pouvoir éviter que l’employeur soit maître de tout. »

- « La crise, on nous disait que ça ne nous touchait pas. Et puis c’est arrivé très vie en décembre. Un enfer. En deux semaines, plus rien à faire. Le chef d’atelier a commencé à très mal nous parler. On se faisait engueuler toute la journée. Le patron voulait qu’on parte de nous-mêmes.(…) Il a fait en sorte que les gens craquent. Sur les 17 salariés, il en reste la moitié je crois. (…) J’ai fini par être licencié pour faute grave. A l’entrevue de licenciement, le patron n’est même pas venu. Il me manque toujours des papiers. Tous les jours, j’ai été les réclamer. On ne m’ouvrait plus. Depuis décembre, je ne touche plus rien. »

Et de nouveau, gros titre dans l’édition du OF du 2 avril, : « 62% des entreprises se disent touchées par la crise. » « Le Finistère a bien résisté pour l’instant, mais la situation se dégrade » selon le préfet. « (…) Le chômage partiel est multiplié par six. +12 ,5% de demandeurs d’emplois en plus dans le Finistère (+17% de chômeurs à Brest), -36,4% des offres d’emplois, 112 000 heures de chômage partiel en février (c’est six fois plus qu’en février 2008). « L’intérim est frappé depuis septembre par un ralentissement très net … La situation serait plus délicate dans le bâtiment, l’immobilier, la sous-traitance automobile et la sous-traitance électronique » selon le préfet.

Alors, qui peut dire qu’il n’y a pas urgence à répondre à cette destruction massive des emplois en décidant, en mobilisant, en organisant autour du mot d’ordre d’interdiction des licenciements ?

Tout le monde est touché.

C’est la raison pour laquelle le POI s’est à nouveau adressé aux organisations politiques (PS, PCF, NPS, LO, PG) pour leur demander de préparer ensemble une Marche unie sur Paris pour l’interdiction des licenciements.

Il en va de la survie de millions de travailleurs et de leur famille.

Près de 300 travailleurs et jeunes de Brest (40.000 nationalement) ont signé l’appel pour la marche sur Paris et soutiennent le combat pour interdire les licenciements et les suppressions d’emplois dans le secteur public.

Le comité de Brest du POI appelle à amplifier les signatures sur cet appel, s’adresse aux militants pour qu’ils le reprennent et en discutent autour d’eux. Quelque soient les points de vue politique que l’on puisse avoir sur d’autres sujets, rien ne saurait empêcher que l’unité ne se fasse pour interdire les licenciements et stopper immédiatement cette hémorragie, récupérer les milliards d’euros donnés aux spéculateurs et aux banques pour garantir les emplois.

Mohamed (délégué à la conférence pour l’unité en décembre) : « Depuis la conférence pour l’unité, ce qui me plait c’est que l’on continue à se battre pour l’interdiction des licenciements. Depuis décembre ce combat est toujours d’actualité, il y a encore des entreprises qui ferment, qui licencient. Donc il y a urgence ! Il faut continuer pour l’unité, pour l’interdiction des licenciements.

Alors que l’aide aux banques se fait à coup de milliards, on ne voit rien venir. On n’aide pas les familles. Il faut que le gouvernement prenne les choses en main. C’est nous qui vivons la crise. Eux ne la vivent pas. Ce sont des familles que l’on brise, des gens que l’on laisse sur le carreau. Ce n’est pas du virtuel !!

Cette manifestation a permis de démontrer notre force, celle du POI. Cela fait du bien, c’est motivant de voir tout ce monde. Des gens qui sont d’accord avec moi !

Je suis d’accord avec ce syndicaliste qui dit que c’est inacceptable de condamner deux fois ce travailleur en chômage partiel, la banque et les impôts le « taxe », sous peine de devoir payer sans condition la totalité de ces impôts. Comme si les banques n’avaient pas eu assez. Il faut que ce soit les banques qui payent !

Et ce qui me marque le plus, c’est ce que Daniel a dit pour cette mère de famille qui travaille à Continental. Qui va être maman. Quel avenir pour son gamin ? Pour ces enfants ? Je n’accepte pas de voir une famille avec trois enfants détruite, sans lendemain. Il faut que le gouvernement décide l’état d’urgence pour cette famille, pour toutes les familles en France. INTERDIRE LES LICENCIEMENTS.

C’est décidé je m’inscris pour aller à la manifestation le 16 mai. Tous à Paris, et j’en appelle d’autre à s’inscrire.


Morgane, lycéenne : Il y avait beaucoup de monde, c’est un rassemblement réussi. Pourquoi je suis venu ? On ne peut pas rester les bras croisés devant cette situation. Il faut agir et défendre nos idées (droit au travail, à un vrai diplôme, à un vrai travail) Je crois aussi important de défendre les services publics. J’ai trouvé intéressant l’intervenante de l’AJR. J’ajouterai à ce qu’elle a dit que la lutte des lycées professionnels continue pour le retrait des bacs pros à 3 ans. Il faut aussi maintenir les BEP qui sont reconnus dans les conventions colelctives. Pour conclure, je dirai que cette journée me motive pour rassembler des jeunes et construire l’AJR.

Denis (Arsenal de Brest). – Je ne m’attendais pas à autant de monde. Un millier à Nantes, c’est bien, c’est important. De plus, je dirai que c’était très bien géré et organisé : on avait du monde, des slogans bien repris et qui disent ce qu’on pense, la manifestation bien visible dans la ville de Nantes et enfin un bon meeting pour finir.

- Les Arsenaux aussi sont concernés par les licenciements et suppressions d’emplois (avec en particulier maintenant le livre blanc de la défense). Il faut maintenant que chacun d’entre nous en parle autour de lui, insiste auprès des autres organisations.

- Je ne comprends pas que les réponses soient négatives pour l’instant sur Brest (le réponse du NPA) parce que dans beaucoup de villes, de départements, il y a des appels communs pour cela, interdire les licenciements ça devrait regrouper , réunir tout le monde. L’unité est indispensable.

Question : moi, je me souviens de la bataille que nous avons mené à Brest dans les Arsenaux pour le retrait du plan Millon qui était un plan de privatisation des Arsenaux avec toutes les suppressions d’emplois que l’on a vu depuis que c’est passé. Toutes les organisations ouvrières sur Brest se sont regroupées pour le retrait de ce plan et on a fait les plus grosses manifestations connues sur Brest et qui ont donné « Brest debout » avec une manifestation centrale à Paris.

- c’est cela qu’il faut faire avec des mots d’ordre clairs comme interdire les licenciements, c’est ça qui peut regrouper. Oui, la perspective de la « marche unie sur Paris pour interdire les licenciements » doit passer par-dessus toutes les divergences qu’il y a entre les organisations.

Stephane (ancien militant du PCF) Je suis très satisfait de la journée, je trouve que c’est une journée qui recharge les batteries en énergie. Les discours de Claude Genet, du gars de Manitou, du syndicaliste des chantiers de l’Atlantique, de Daniel Glucsktein, indiquent le chemin à suivre. La recherche de l’unité pour la marche unie sur Paris est indispensable pour trouver des remèdes à la situation. Le blocage actuel provient des organisations politiques et syndicales, les uns parce qu’ils ont des échéances politiques, les autres parce qu’ils ont peur d’être débordés par leur base. On a tous les motifs pour bien expliquer aux travailleurs que la grève générale est la seule possibilité aujourd’hui. La grève générale, c’est l’intérêt général. Cette journée nous adonné des arguments. Nos enfants qui sont sur Nantes sont venus nous voir dans la manifestation. Ils l’ont trouvé tellement bien qu’ils vont contacter le POI sur Nantes.

Lydie (cadre hospitalier) L’impression, au niveau de l’organisation, d’avoir réussi quelque chose. Envoyer des cars de tous les départements voisins, de commencer par une manifestation dans Nantes qui ne pouvaient pas passer inaperçue avec toutes ces banderoles et ces drapeaux avec les mots d’ordre scandés tout au long de la manifestation. La manifestation dans la rue avait fière allure et était regardée par tous les gens avec intérêt. 1000 à Nantes, c’est loin d’être négligeable. Les interventions à la tribune avaient un atout majeur : elles étaient toutes extrêmement claires et compréhensibles de tous. Il ne pouvait pas être décidé autre chose que de se battre pour l’interdiction des licenciements. Oui, on voit bien que la lutte des classes est une réalité et on doit continuer.


Vous pouvez aller voir la vidéo de la manifestation de Nantes.

http://www.dailymotion.com/user/poi29