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Chers camarades,
Merci d’avoir répondu à l’appel qui a été fait d’organiser ensemble une « marche unie sur Paris pour interdire les licenciements ».
Nous entendons, chers camarades, dissiper tout de suite ce qui sans doute est un malentendu.
La date et le parcours de la marche unie sur Paris pour l’interdiction des licenciements ne sont absolument pas décidés.
Le POI a son propre calendrier de meetings, de rassemblements, comme le NPA, comme tous les partis, mais à aucun moment nous n’avons – et pour cause – proposé une date pour cette marche unie.
Ainsi, vous avez pu le voir au travers de nos communiqués, de la « Une » de notre journal « Informations Ouvrières », de nos affiches, de nos tracts, comme vous le dites, c’est notre campagne propre du POI et c’est notre droit de mener nos activités et notre campagne d’organisation. Comme chacun peut le faire.
Mais la question de la bataille commune pour une marche sur Paris sur le mot d’ordre d’interdiction des licenciements reste posée. Ceci également sans à priori. C’était aussi le sens de notre intervention lors de la réunion commune le 17 février. Lors de cette réunion, nous avons sollicité toutes les organisations présentes.
Aujourd’hui, alors que l’annonce de fermeture d’usines est quotidienne, alors que, après les 90.200 chômeurs de plus en Janvier, ce sont encore plus de 80.000 chômeurs en Février, cela fait que, dans ce pays, nous en sommes à deux chômeurs de plus par minute !
Qui peut dire que cette question n’est pas la question centrale aujourd’hui ?
Comment répondre positivement à l’angoisse de la population si ce n’est par ce mot d’ordre clair: interdiction des licenciements ?
Dans le car qui nous menait à Nantes, pour l’un de nos rassemblements régionaux qui a regroupé plus de 1000 travailleurs et jeunes, on pouvait lire dans la presse locale de ce 21 mars : « Grass Valley. Thomson vend les sites de Brest et Cesson-Sévigné : sont concernés à Plouzané (29) 78 employés et Cesson-Sévigné environ 400. … Le délégué syndical y voyant le début du démantèlement de Thomson. » Un peu plus bas, on peut lire : « Unicopa : les salariés redoutent un plan social ». Et tout à côté : « La Bretagne a vu son taux de chômage grimper de 10% au dernier trimestre. » Le 26 mars, l’autre quotidien titrait à propos de Jabil: « 102 salariés du site brestois du géant de l’électronique ont reçu leur courrier de licenciement. ».
Allons-nous attendre longtemps avant de réagir ensemble pour stopper tout cela, stopper cette hémorragie qui ne va pas s’arrêter si nous ne l’arrêtons pas ? N’est-ce pas la responsabilité aujourd’hui des organisations qui se réclament de la classe ouvrière et de la défense de ses intérêts ?
Si le NPA est d’accord en principe sur cette position qui est « d’interdire les licenciements », pourquoi ne pas se rencontrer et en discuter ? N’est-ce pas ainsi en s’adressant aux autres organisations, la possibilité de les convaincre également de la nécessité et de l’urgence d’une telle campagne ?
Il y a à ce jour de nombreux endroits, départements, villes où des « comités de préparation et d’organisation de la marche unie sur Paris pour interdire les licenciements » sont constitués avec parfois les sections en tant que telles du NPA, du PCF, du PG,du PS ou de LO.
Pourquoi pas ici à Brest ?
Encore une fois, aucune date n’est fixée, le parcours de la marche non plus.
Mais aujourd’hui, il faut donner cette perspective claire aux salariés de ce pays qui voient tous les sites industriels se fermer, qui voient l’entêtement du gouvernement à continuer de supprimer massivement les emplois publics (30.000 dans la Fonction publique d’Etat, 20.000 dans la fonction publique hospitalière).
Oui, vite ! il faut l’unité pour interdire les licenciements ! Les 3 millions de manifestants le 19 mars l’ont quelque part exprimé, très clairement dans de nombreux cortèges syndicaux en réclamant l’interdiction des licenciements.
Nous sommes bien d’accord avec vous quand vous dites qu’il faut « aller vers la grève générale jusqu’à satisfaction », c’est-à-dire qu’il faut en finir aussi avec les « journées d’action » saute-moutons qui n’en finissent pas, qu’il faut des mots d’ordre clairs et qui répondent aux aspirations dont, nous pensons, celui qui consiste à dire et à se battre tout de suite pour l’interdiction des licenciements.
En espérant avoir levé quelques malentendus entre nous et pourvoir se rencontrer dans les plus brefs délais, recevez nos sincères salutations.
Brest, le 26 mars 2009
Pour le comité de Brest
Roger Calvez
Maintenant, tout de suite, il y a urgence à réaliser l’unité pour la marche sur Paris pour interdire les licenciements.
Il n’y a pas de journée qui passe sans que soient annoncées de nouvelles fermetures d’usines, de milliers de licenciements, de plans sociaux.
3000 licenciements par jour depuis le début de l’année.
il faut que cela cesse !
Il y a quelques jours, 102 salariés de chez Jabil recevaient leur lettre de licenciement. Le même jour, on apprenait que les sites de Thomson (Brest et Rennes) étaient vendus, les délégués syndicaux y voyant « un début de démantèlement ». Des plans sociaux sont redoutés chez Unicopa. (Le Télégramme du 21 mars)
Le taux de chômage sur Brest a progressé de 16% en un an : 12 261 demandeurs d’emplois de catégorie 1 fin février 2009.
Les ouvriers témoignent (Ouest-France du 27 mars):
- « On nous a dit de ne pas revenir lundi. Le vendredi 31 janvier, la patron m’a dit que ce n’était pas la peine de venir au boulot le lundi. Le mardi ; il était au tribunal de commerce. La société a été mise en liquidation judiciaire. (…) C’est impensable qu’une entreprise de plus de 20 ans disparaisse du jour au lendemain. Surtout que c’est en aucun cas justifié par la crise, il y avait du boulot. On devrait pouvoir éviter que l’employeur soit maître de tout. »
- « La crise, on nous disait que ça ne nous touchait pas. Et puis c’est arrivé très vie en décembre. Un enfer. En deux semaines, plus rien à faire. Le chef d’atelier a commencé à très mal nous parler. On se faisait engueuler toute la journée. Le patron voulait qu’on parte de nous-mêmes.(…) Il a fait en sorte que les gens craquent. Sur les 17 salariés, il en reste la moitié je crois. (…) J’ai fini par être licencié pour faute grave. A l’entrevue de licenciement, le patron n’est même pas venu. Il me manque toujours des papiers. Tous les jours, j’ai été les réclamer. On ne m’ouvrait plus. Depuis décembre, je ne touche plus rien. »
Et de nouveau, gros titre dans l’édition du OF du 2 avril, : « 62% des entreprises se disent touchées par la crise. » « Le Finistère a bien résisté pour l’instant, mais la situation se dégrade » selon le préfet. « (…) Le chômage partiel est multiplié par six. +12 ,5% de demandeurs d’emplois en plus dans le Finistère (+17% de chômeurs à Brest), -36,4% des offres d’emplois, 112 000 heures de chômage partiel en février (c’est six fois plus qu’en février 2008). « L’intérim est frappé depuis septembre par un ralentissement très net … La situation serait plus délicate dans le bâtiment, l’immobilier, la sous-traitance automobile et la sous-traitance électronique » selon le préfet.
Alors, qui peut dire qu’il n’y a pas urgence à répondre à cette destruction massive des emplois en décidant, en mobilisant, en organisant autour du mot d’ordre d’interdiction des licenciements ?
Tout le monde est touché.
C’est la raison pour laquelle le POI s’est à nouveau adressé aux organisations politiques (PS, PCF, NPS, LO, PG) pour leur demander de préparer ensemble une Marche unie sur Paris pour l’interdiction des licenciements.
Il en va de la survie de millions de travailleurs et de leur famille.
Près de 300 travailleurs et jeunes de Brest (40.000 nationalement) ont signé l’appel pour la marche sur Paris et soutiennent le combat pour interdire les licenciements et les suppressions d’emplois dans le secteur public.
Le comité de Brest du POI appelle à amplifier les signatures sur cet appel, s’adresse aux militants pour qu’ils le reprennent et en discutent autour d’eux. Quelque soient les points de vue politique que l’on puisse avoir sur d’autres sujets, rien ne saurait empêcher que l’unité ne se fasse pour interdire les licenciements et stopper immédiatement cette hémorragie, récupérer les milliards d’euros donnés aux spéculateurs et aux banques pour garantir les emplois.

