NON AU NOUVEAU TRAITE EUROPEEN
Le savez-vous ?
Un nouveau traité européen se met en place.
De quoi s’agit-il ?
C’est un « Super Maastricht ».
Pourquoi ?
Parce qu’il introduira « la règle d’or » dans la Constitution de chaque pays, c’est-à-dire l’obligation pour tout
gouvernement de réduire les déficits publics.
Quelles conséquences ?
Tout gouvernement, quel qu’il soit, devrait se soumettre au diktat de l’Union européenne, de la Banque centrale
européenne et du FMI qui, comme en Grèce, saignent les peuples en détruisant les conventions collectives, en
décidant les baisses du salaire minimum, le licenciement des fonctionnaires, les privatisations…
Quand devrait-il entrer en vigueur ?
Ce nouveau traité (TSCG) a été signé le 2 mars par tous les chefs d’Etat et de gouvernement à Bruxelles.
Il devrait être ratifié dans notre pays après les élections présidentielle et législatives.
Que faire ?
Le 29 mai 2005, lors du référendum, le peuple français a majoritairement rejeté le traité constitutionnel dont toutes les
dispositions, aggravées, sont reprises dans ce nouveau traité de Bruxelles.
La France du non n’a pas dit son dernier mot
Dans l’unité, indépendamment des choix des uns et des autres à l’élection présidentielle, développons un large
mouvement pour empêcher la ratification de ce traité !
Le POI a lancé un appel en ce sens. En quelques jours, dans tout le pays, 7 199 travailleurs, jeunes chômeurs,
retraités, militants de toutes tendances l’ont repris en charge !
Partout, faisons connaître cet appel ! Rassemblons ensemble des dizaines de milliers de signatures !
UNITE POUR BLOQUER LE NOUVEAU TRAITE DE BRUXELLES !
IL NE DOIT PAS ETRE RATIFIE !
Demandez le numéro spécial d’Informations ouvrières analysant ce traité (0,50 euro).
Assemblée-débat avec les candidats du POI
Lydie Contignon et Denis Breton
le mardi 3 avril à 18 heures
au PL Pilier Rouge (route de Quimper)

Les candidats Lydie Contignon et Denis Breton

aux législatives sur Brest-ville :

pour l’annulation des fermetures de classes !

« En cinq ans, la ville de Brest a perdu 44 classes d’écoles maternelles et primaires publiques »

 

« Chaque année, l’annonce de la carte scolaire est comme une valse de Jacques Brel : à trois temps.

Au premier temps de la carte, à l’hiver, c’est depuis longtemps la soupe à la grimace. Année après année, les classes du public se ferment et l’inspection propose de sévères réajustements, qui à négocier un peu ici et là.

Au second temps de la carte, après discussions paritaires, certains sourires reviennent à la faveur d’un assouplissement institutionnel type pommade. La technique est vieille comme le monde.

Au troisième temps de la carte, les têtes blondes sont rentrées et l’inspection ajuste au plus près en fonction des inscriptions réelles. Mais la valse des classes a déjà eu lieu depuis des mois.

Depuis au moins 2007, les écoles de Brest redoutent la danse. En tout, 44 classes ont été rayées des cadres pendant ce quinquennat. (…)Il (ce chiffre) mérite d’être corrigé par plusieurs paramètres, à commencer par le nombre d’inscriptions dans les diverses écoles publiques de la ville. En 2007, début décembre, 8.730 écoliers avaient convergé vers les établissements de la ville. En 2011, ils ne sont plus que 7.864 à avoir accompli le même chemin.

Encore que : voici maintenant deux rentrées que plus personne ne se rend à la maternelle Madeleine-Porquet, ni à celle de Levot, ni à celle du Valy-Hir par décision municipale de fermeture des trois écoles. A l ‘époque, sept classes avaient été closes de fait ; auxquelles s’était ajoutée la classe et demie rabotée par l’inspection académique. Toutes les explications de ventilation des élèves peuvent s’entendre mais les chiffres sont têtus. A la rentrée 2010, huit classes et demi se sont évaporées. (…)

(…)

Parce qu’au-delà du régime commun et de ces quelques exemples, les coupes sombres existent bien. Les Rased, maillon essentiel des enfants en difficulté, sont menacés d’extinction par l’inspection via le gouvernement (…). Ici et là périssent des classes d’intégration scolaire (CLIS) comme celle de Langevin en 2009 sans un soupir après leur mort. Au-delà des chiffres, il reste des faits. Qui sont au moins aussi têtus. » extraits d’un article paru dans le Télégramme de Brest.

Non les enfants et l’école n’ont pas à faire les frais de la crise actuelle! Annulation de toutes les suppressions de postes et de l’évaluation: c’est la revendication de dizaines de milliers de parents et d’enseignants à travers tout le pays. Les candidats du POI aux élections législatives, Lydie CONTIGNON et Denis BRETON sur Brest-ville, apportent leur soutien sans attendre aux parents et enseignants des écoles de Brest pour l’annulation de toutes les fermetures de classes. Pour le POI seul un gouvernement qui refusera de payer cette dette, s’appuyant sur le peuple, désignant ses députés à une assemblée constituante, pourra commencer à satisfaire ces revendications vitales

Pour opérer une réelle rupture avec cette politique, il faut rompre avec l’Union européenne, le FMI et la BCE qui, dans tous les pays, saccagent toutes les conquêtes ouvrières et démocratiques. Aujourd’hui, combattre pour l’unité pour dire « NON à la ratification du nouveau traité européen ! », véritable « super-Maastricht » qui conduirait le pays à une situation comme en Grèce !

Voilà pourquoi les candidats du POI sur Brest-ville, Lydie Contignon et Denis Breton, invitent à venir débattre avec eux dans l’ Assemblée-débat organisée

A Brest, le mardi 3 avril à 18 heures

au P.L. du Pilier Rouge (route de Quimper)

contact : poi.brest@laposte.net

Le POI a décidé d’engager une campagne pour informer et mobiliser contre les nouveaux traités européens. Il appelle les travailleurs, les jeunes, les militants, les démocrates à l’action unie pour mettre en échec cette politique qui ouvre la voie à la destruction de toutes les conquêtes sociales, de la démocratie et de la souveraineté du pays.

 

Il convient de parler des traités, car ils sont deux, et que tout est fait pour en camoufler le contenu, la portée et les modalités. Ce sont le MES, Mécanisme européen de stabilité, et le TSCG, Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’Union économique et monétaire.

Notre a priori défavorable à juste titre à l’Union européenne n’est pas le seul motif de rejet de ces nouveaux mécanismes extrêmement dangereux. Aussi, nous allons développer le contenu de ces deux traités pour en comprendre la gravité.

 

LE MES

 

L’Assemblée nationale, le 21 février, puis le Sénat, le 28 février ont adopté le projet de loi du MES qui devait être examiné selon la procédure d’urgence, à savoir deux passages maximum à l’Assemblée nationale et un seul au Sénat, le 28 février.

Dans la discussion qui va suivre, nous pourrons analyser le vote des députés et sénateurs socialistes à cette occasion et étudier la position des autres partis de gauche.

 

Tout a été très vite : le 2 février, les gouvernements de la zone euro ont signé à Bruxelles dans la plus grande discrétion un nouveau traité européen qui institue une sorte de Fonds monétaire international pour l’Europe, appelé Mécanisme européen de stabilité (MES) dont ces votes ont validé la ratification en France.

 

1- Le MES, nouvelle institution créée spécialement pour l’Europe, est un clone du FMI, basé à Washington, sous la direction de fait du gouvernement américain et des multinationales, avec lequel il collaborera étroitement pour imposer partout en Europe des plans d’austérité déments, comme en Grèce, sous couvert d’assistance aux Etats membres. En Grèce, aujourd’hui, il existe déjà, pour mettre le pays à genoux, une coopération entre le FMI, la BCE et la Commission européenne, ce que l’on appelle la  » troïka « . Avec ce traité, plus besoin de troïka. Et ce qui était présenté comme une procédure exceptionnelle pour la Grèce deviendra la norme. Le MES devient ainsi un rouage institutionnel du FMI, donc de l’impérialisme américain, incorporant les exigences de la Réserve fédérale américaine. L’Union européenne joue ainsi jusqu’au bout son rôle d’agence au service de l’impérialisme.

 

2- Surtout, sur le plan juridique, il introduit dans le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne une notion majeure : la conditionnalité, qui est le principe de base du FMI.

Le FMI, basé à Washington, s’est illustré, en particulier depuis trente ans, en imposant dans les pays dominés, dits du tiers monde, des mesures d’une brutalité inouïe pour les contraindre à rembourser une dette fabriquée de toutes pièces et à s’ouvrir au pillage des multinationales. Le FMI accorde des prêts, en exigeant des gouvernements complices qu’ils appliquent des programmes d’ajustement structurel meurtriers, dictant privatisations, baisses des salaires, diminution des dépenses publiques. Le FMI résume cette politique dans un principe appelé la conditionnalité. Le traité fondant le MES reprend mot pour mot le même schéma. Mais pour l’Europe cette fois !

Entre la manière dont le FMI a procédé dans les années 1970-1980 pour dépecer les nations d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et la manière dont le MES va opérer chez nous, il n’y a finalement que deux différences : là où le FMI avait commencé par créer la dette pour étrangler les peuples, le MES ira directement au but, puisque la dette écrase déjà toutes les économies nationales d’Europe ; et cette fois, c’est au coeur des principales puissances capitalistes, hormis les Etats-Unis, que la machine va frapper.

Concrètement, le soutien apporté par le MES à un pays membre sera subordonné à une stricte conditionnalité qui peut prendre la forme, notamment, d’un programme d’ajustement macroéconomique. En Grèce, ils exigent la baisse de 22% du Smic !

 

3- Par ailleurs, le MES est totalement imbriqué dans un autre traité, celui sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union européenne, TSCG, qui n’est même pas encore signé ! Il est prévu qu’il le soit le 1er mars à Bruxelles et ratifié, en France, après les élections présidentielles.

Je parlerai plus tard de ce traité.

Simplement, je précise ici que le TSCG fait obligation d’inscrire dans les Constitutions nationales une règle interdisant les déficits, la fameuse  » règle d’or «  ; il exige aussi une réduction de 5% par an des dettes publiques. En France, cette dette publique est d’environ 1 700 milliards d’euros. Le traité impliquerait donc de dégager pour la diminution de la dette 85 milliards d’euros par an, sans compter le paiement des intérêts courants d’une cinquantaine de milliards, soit le cinquième du budget de l’Etat !

 

4- Qui dirigera le fonctionnement du MES ?

Le siège du Mécanisme européen de stabilité (MES) se situera au Luxembourg, avec la garantie de l’impunité et du secret.

C’est la Commission européenne qui sera chargée de négocier avec le pays concerné un protocole d’accord définissant la conditionnalité, c’est-à-dire les mesures de rigueur à appliquer. C’est elle qui signera ce protocole d’accord au nom du MES et c’est encore elle, en liaison avec la BCE et le FMI lorsque cela est possible qui sera chargée de veiller au respect de la conditionnalité.

Le FMI, dirigé de fait par le gouvernement américain qui y dispose du plus grand nombre de parts, la BCE et la Commission européenne seront donc les véritables maîtres du fonctionnement du MES, même si le conseil des gouverneurs et le conseil d’administration du MES seront composés de membres désignés par les gouvernements.

 

5- Le gouvernement français (et son successeur) sera potentiellement redevable de 143 milliards au MES.

On pourrait nous objecter que la France n’aura peut-être jamais besoin de recourir à l’aide du MES.

Une chose est sûre : le MES coûtera de toute façon très cher à tous les pays membres.

Le capital de départ du MES est fixé à 80 milliards d’euros, mais il pourra être augmenté jusqu’à 700 milliards, soit cinq fois l’actuel budget annuel de l’Union européenne.

Chaque pays de la zone euro devra contribuer à ce capital à hauteur de son PIB, soit, pour la France 20,4% du capital total. Le gouvernement français est donc redevable, potentiellement, de près de 143 milliards d’euros au MES, soit plus du tiers du budget de l’Etat !

Les Etats signataires s’engagent de manière irrévocable et inconditionnelle à verser le capital exigé dans les sept jours suivant la demande formulée par le directeur général du MES.

On nous rassure : «  Chaque fois qu’une décision engageant les finances de l’Etat sera prise par le conseil des gouverneurs, le Parlement français sera informé « . C’est l’abdication totale de toute souveraineté nationale.

 

LE TSCG

 

Le TSCG, traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’Union économique et monétaire sera signé lors du prochain sommet européen, le 1er mars.

Quand les dirigeants de l’Union européenne parlent de stabilité, ils évoquent la stabilité de l’euro et non, bien sûr, la stabilité du travail et des garanties collectives.

Ce traité devra être soumis à ratification immédiatement après les élections présidentielles et législatives. A la différence du traité sur le MES, le TSCG nécessitera, pour être ratifié, la convocation du  » Congrès « , la réunion des députés et des sénateurs à Versailles, ou un référendum, car il modifiera la Constitution. Il est prévu qu’il entre en vigueur d’ici au 1er janvier 2013.

Par ailleurs, contrairement aux autres traités européens qui nécessitaient pour entrer en vigueur la ratification de tous les pays membres de l’UE ou de la zone euro, le TSCG bénéficiera de conditions curieusement dérogatoires : le traité pourra commencer à entrer en vigueur même si tous les pays signataires ne le ratifient pas immédiatement. En effet, un seuil minimum de 12 pays sur les 25 signataires a été fixé, même si le pacte pourrait être durablement affaibli si les 17 pays de la zone euro n’y adhéraient pas (cas, par exemple de l’Irlande qui a fait le choix du référendum pour se prononcer sur ce nouveau traité budgétaire européen).

Ce traité a vocation à encadrer la politique du gouvernement qui suivra, quel qu’il soit !

En quelque sorte, le TSCG généralise les conséquences du principe de conditionnalité à tous les Etats de la zone euro, qu’ils aient ou non demandé une assistance financière.

Il fait, sous peine de fortes amendes, obligation d’inclure dans les Constitutions nationales l’interdiction des déficits, la « règle d’or », et pour le moins la limitation de ces déficits à 0,5% du PIB, contre 3% prévus par le traité de Maastricht.

Cela signifie qu’en France le déficit de l’Etat ne pourrait excéder 10 milliards d’euros. Il était de 90,8 milliards en 2011. Il devra donc être inférieur de 80 milliards, ce qui reviendrait à couper l’équivalent de 1,3 fois le budget de l’enseignement primaire et secondaire, retraites des personnels comprises !

En cas de dépassement, un  » mécanisme correctif immédiat «  entrera immédiatement en action, obligeant les parties contractantes à l’application de mesures destinées à corriger les écarts sur une période de temps définie.

Le TSCG institue également l’obligation de réduire de 5% par an la dette de l’Etat. La dette publique française se monte aujourd’hui à environ 1 700 milliards d’euros. La réduire de 5% par an (un vingtième) signifie donc trouver 85 milliards d’euros par des coupes budgétaires et/ou des impôts supplémentaires, soit 20% du budget de l’Etat ! Chaque année ! C’est la même potion mortifère que l’Union européenne et le FMI imposent au peuple grec.

 

On notera au passage que les traités européens sont signés par les représentants des gouvernements avant d’être soumis à ratification dans les différents Etats concernés. Donc, il n’y a pas d’amendement possible. Puisque le traité est signé, vous ne pouvez rien modifier : vous ne pouvez qu’approuver ou désapprouver.

L’argument de François Hollande qui affirme :  » Je vais renégocier le traité «  n’est pas sérieux !

Une fois qu’un traité est signé au niveau de l’Union européenne, il est signé ! Après, on ratifie, ou on ne ratifie pas !

 

Pour conclure, avant la discussion, je citerai l’édito de Daniel Gluckstein dans le dernier IO ( N°188) :

 » C’était en février 1994 à Washington.

Dans le cadre d’une délégation de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples, notre regretté camarade Taffazul Hussain, responsable ouvrier du Bangladesh, interpellait les représentants du FMI en ces termes :  » La clause de conditionnalité qui accompagne vos prêts ordonne les plans d’ajustement structurel qui saignent les peuples, piétinent la démocratie, et bafouent la souveraineté des nations disloquées. « 

Dix-huit ans plus tard, le traité instaurant le Mécanisme européen de stabilité (MES) a recours aux mêmes termes. Les prêts y sont subordonnés à une stricte conditionnalité qui appelle des plans d’ajustement structurel, tandis que le conseil des gouverneurs est doté de tous les pouvoirs : prêter ou ne pas prêter, imposer ses conditions, les renforcer, les durcir… bref, conduire chaque pays d’Europe dans une situation pire que celle de la Grèce aujourd’hui.  »

 

Les considérants du TSCG constatent que les objectifs du traité de Maastricht de 1992 n’ont pas été atteints, du fait que la lutte des classes les a empêchés d’aller jusqu’au bout.

Aujourd’hui, par ces traités, il s’agit même pour eux d’en aggraver les critères exigés en tentant de franchir un cap supplémentaire, décisif.

Mais la lutte de classe continue, et la classe ouvrière n’a pas dit son dernier mot !

C’est avec la plus grande indignation que les travailleurs et le peuple français rejettent le discours de Sarkozy. Celui-ci prétend dicter au peuple grec ce qu’il a le droit de faire, lui dire si un référendum est possible ou pas, quelle question doit y être posée, et même la réponse qui doit y être apportée !

Non, monsieur Sarkozy, c’est pure usurpation de votre part que de prétendre parler au nom du peuple français dans ce diktat adressé au peuple grec, « coupable » de se révolter contre le plan meurtrier dicté par les spéculateurs et les banquiers. C’est pure usurpation de votre part de prétendre agir au nom de la démocratie, vous qui avez déjà piétiné le vote du peuple français lors du référendum de 2005 sur la Constitution européenne et qui, aujourd’hui, menacez le peuple grec des pires foudres à la seule évocation du mot : référendum.
Personne n’est dupe. Quand Sarkozy (et avec lui Merkel, Obama et les dirigeants du capital financier international) exige du peuple grec qu’il renonce à toute souveraineté, tous les peuples d’Europe et du monde sont menacés. La brutalité de la mise en garde de Sarkozy vise, à travers le peuple grec, le peuple français lui-même puisqu’elle intervient la veille de l’annonce par Fillon d’un plan d’austérité renforcée.
Voila pourquoi le Parti ouvrier indépendant estime urgent que s’organise en France la mobilisation des travailleurs, des jeunes et de toute la population aux côtés des travailleurs grecs contre les représentants du capital financier et contre notre propre gouvernement de banqueroutiers et de spéculateurs.
Les travailleurs et le peuple grec ont le droit de dire non à un plan dicté par la troïka (FMI-Union européenne-BCE) qui ampute les salaires et les pensions (jusqu’à 40 % !), liquide des pans entiers de la fonction publique (30 000 licenciements immédiats), liquide toutes les conventions collectives dans le secteur privé, et veut réduire un peuple libre et souverain à un statut de peuple assujetti et misérable !
Le peuple grec, comme tous les peuples d’Europe, veut vivre libre. Il veut décider lui-même de son propre sort. Il refuse de se voir « sacrifier » sur l’autel des profiteurs, spéculateurs, banquiers et capitalistes du monde entier. Le peuple grec parle pour tous les peuples d’Europe en disant : « Cette dette n’est pas celle des travailleurs et des peuples. Que les capitalistes payent leur propre dette ! Que les banquiers et les spéculateurs payent l’addition de leurs opérations hasardeuses ! Nous ne reconnaissons à aucun gouvernement le droit de nous imposer leurs plans ! »
Le peuple grec a ouvert la seule voie qui permet de sortir du « piège » de la dette (et des critères de Maastricht garantissant la stabilité de l’euro) dans lequel on veut enfermer tous les peuples d’Europe : la voie du soulèvement légitime qui a déjà produit treize grèves générales et qui, d’une manière ou d’une autre, (y compris par le référendum) balaiera demain les mesures meurtrières. Il a ouvert la voie au peuple portugais, au peuple d’Espagne, au peuple italien… et il a préparé celle que devra emprunter aussi le peuple français pour sauver sa fonction publique, ses hôpitaux, sa
Sécurité sociale et son industrie de la délocalisation. Il a ouvert la voie à la reconquête de la souveraineté populaire et de la démocratie qui exige de s’émanciper des carcans de l’Union européenne, de la Banque centrale européenne et du FMI.
Au moment où il est menacé d’être mis au ban de la « communauté internationale », il nous revient à nous, travailleurs de toute l’Europe — particulièrement à nous travailleurs français — de manifester notre solidarité active et de dire à notre gouvernement : « Bas les pattes devant le peuple grec ! »
Dans la continuité du meeting internationaliste qu’il a organisé le 1er octobre à Paris (meeting au cours duquel des
militants et responsables ouvriers de Grèce, de Grande-Bretagne, d’Allemagne, d’Espagne, du Portugal, d’Irlande ont pris la parole auprès des orateurs français), le bureau national du Parti ouvrier indépendant, réuni samedi 5 novembre, décidera des formes appropriées pour organiser la mobilisation en solidarité avec le peuple grec. D’ores et déjà, contact est pris avec tous les partis et organisations qui se réclament de la défense des intérêts ouvriers afin de préparer une réponse d’envergure, dans l’unité la plus large, à la provocation du président de la République française représentant des seuls intérêts des banqueroutiers et des spéculateurs sans scrupules.

Les secrétaires nationaux du POI
Claude Jenet, Daniel Gluckstein, Gérard Schivardi, Jean Markun
Paris, le 3 novembre 2011, 12 heures

Ce vendredi 28 octobre 2011, les ouvriers de la SOBRENA (entreprise de réparation navale, faisant partie du groupe Meunier) occupent la place de la Liberté après y avoir amené l’étrave d’un bateau, « l’Espoir », qu’ils ont caréné. Tous les ouvriers de la Sobrena y sont présents. Ils sont appuyés par leurs familles  – femmes et enfants – , par les métallos de la CGT et par une partie de la population brestoise, plus de 600 personnes.

Un ouvrier : « il y a du boulot. Le problème, c’est Meunier. Il s’en va et a décidé de tout arrêter. Il y avait trois bateaux et une plate-forme qui devaient arriver mais il a refusé. Parce qu’il a décidé de mettre la clé sous la porte d’ici la fin de l’année.

C’est scandaleux parce qu’il n’a rien préparé du tout. Les comptes sont bons. Il y a un mois, il a embauché 3 gars en CDI. Jusqu’au dernier moment, il nous a fait croire que ça allait bien alors qu’on voit bien que maintenant, il a tout fait pour mettre la boîte dans le rouge. En fait, il veut partir et sans avoir à régler les problèmes d’amiante qu’il doit.

Une grande banderole de plus 50 mètres de long traverse toute la place de la Liberté :

« Brest, 1er port de réparation navale et doit le rester ! Que fait l’Etat ? »

Un autre ouvrier : Il faut savoir que la CCI (chambre de commerce et d’industrie) de Brest réalise 85% de son chiffre d’affaire avec la Sobrena. Faut savoir qu’avec les sous-traitants, ça fait presque 1000 emplois de concernés. On est 240 dans la boîte, pas mal de jeunes car c’est un boulot dur, physique. Meunier s’en est mis plein les poches, il a ramassé le fric que donnait les collectivités et maintenant il arrête.

C’est partout pareil ; les patrons n’ont même pas de comptes à rendre : ils empochent les aides, nos impôts et ensuite ils ferment quand ils veulent.

Ce n’est pas normal.

On a tout arrêté car il n’y a plus rien pour l’instant. On ne peut qu’attendre pour l’instant.

Quelques communiqués du POI sont donnés : communiqué dans lequel il est repris la revendication d’interdiction des licenciements, de la nécessité de nationalisation de ce secteur industriel : « les millions d’aide apportés par les collectivités depuis des années » et « cette volonté de ne pas laisser le port de Brest se transformer en musée ou simple port de plaisance ».

Brest, le 28 Octobre 2011,


Les habitants de Brest ont pris connaissance des nouvelles augmentations importantes de leurs impôts locaux : plus de 6% pour la taxe d’habitation (certains même se voient augmentés de 20% avec la réduction de certains abattements). En moyenne donc, 6,24% de
plus ! 6% d’augmentation dans un contexte de crise et de blocage de salaires et de revenus pour la grande majorité !
Ce n’est pas à la population de payer la réforme territoriale (désengagement de l’Etat, destruction des services publics de proximité, …).
Ce n’est pas à la population de payer les dettes du gouvernement et la faillite de Dexia (et son renflouement par les deniers publics) qui pèsera encore plus sur les communes.
Pourquoi faire payer les habitants de la ville, alors que Véolia (à qui la SPL vient de confier à nouveau la distribution de l’eau) à réaliser 55 millions d’€ de bénéfices par sa surfacturation du prix du m3 d’eau ?

Nous ne sommes pas responsables des déficits publics!
Annulation de la dette ! Ces dettes ne sont pas les nôtres !
Aucune augmentation des impôts locaux sur la ville de Brest !

On nous dit que « la volonté de maintenir la réparation navale à Brest fait l’objet d’un consensus sans solution pour le moment » au sortir de la table ronde organisée hier à la sous-préfecture.

En attendant, ils sont 250 salariés de la Sobrena à ne pas savoir à «quelle sauce ils vont être mangés».

Comment sauver la SOBRENA, comment garantir tous les emplois?

Qu’est-ce donc qu’un consensus sans solution ?

Une fois encore, il faut rappeler ce que la réparation navale civile a, depuis ces années, par les collectivités : 15,4 M€ entre 1994 et 2000, puis 11,3 M€ entre 2001 et 2008, et le plan actuel (2009-2014)  s’élève à 31,334 M€.  Ces jours-ci, le vice-président de Région, Gérard Lahellec, annonçait « un plan de développement du port de Brest  dépassant largement les 100 millions d’euros ».

Il y aurait donc plus de 130 millions d’euros d’aide au développement du port de Brest ! Ce plan de financement important des collectivités locales ne pose-t-il pas la question de la nationalisation ? Comment accepter que des fonds publics soient versés massivement aux entreprises et que celles-ci ferment au bout de quelques années en mettant à la rue les salariés.

Comme le rappelait ce délégué syndical devant la sous-préfecture « il faut rappeler à l’Etat que le port de Brest est un bien commun financé très largement par les finances publiques. » Les salariés de la Sobrena, dans leur tract, ont raison de dire : « le port de Brest ne peut pas pour le futur se limiter à être un musée ou un port de plaisance ! »

Alors, ne faut-il pas, pour garantir tous les emplois, pour garantir la réparation navale civile et militaire sur le  port de Brest, nationaliser ce secteur industriel ? Il y a urgence à répondre à cette question! Retour aux Arsenaux d’Etat ! Nationalisation des secteurs industriels pour garantir tous les emplois !

Ces mêmes questions sont posées pour le secteur de l’industrie électronique avec Jabil (190 emplois à Brest) ainsi que Alcatel-Lucent (1400 salariés dont 240 sur Brest).

Interdiction des licenciements ! Nationalisation des entreprises de réparation navale civile et militaire !

 

Brest, le 25 Octobre 2011,

le comité de Brest du POI

 

« Difficile pour un village gaulois de faire face à la mondialisation ; (…) il vaut mieux s’unir pour répondre au marché», c’est ainsi que tentent de se justifier les élus de BMO en décidant de créer un « pôle métropolitain » regroupant la communauté urbaine de Brest et les six communautés de communes qui l’entourent (pays d’Iroise, pays des Abers, pays de Lesneven, pays de Landerneau-Daoulas, communauté de l’Aulne maritime et communauté de la Presqu’Île de Crozon).

Ainsi donc, c’est à l’unanimité que les élus communautaires se saisissent  de « l’opportunité qui leur est faite dans le cadre de la réforme territoriale, pour créer ce qu’on appelle un pôle métropolitain. »

Ce n’est pas ce que veulent les milliers de conseils municipaux qui ont rejeté les SDCI. Ce n’est pas ce que veulent les centaines de maires, de conseillers généraux qui signent la lettre ouverte au Président de la République pour que le vote des communes soit respecté, mandatant la délégation qui se rendra à l’Elysée pour obtenir le blocage des SDCI des préfets.

Cette métropole de 400.000 habitants … devrait s’occuper de la coordination d’actions  économiques, les politiques énergétiques ou foncières ou encore les schémas d’organisation des transports. On imagine bien aussi l’extension des pouvoirs de la SPL « Eau du Ponant » qui vient de se créer contraignant les communes avoisinantes à l’intégrer et abandonner leur gestion municipale ou les syndicats existants.

Qui plus est, les conseils municipaux de ces six communautés de communes ont jusqu’à fin novembre pour délibérer sur cette question. Un mois seulement !

Comme si cela ne suffisait pas, déjà se prépare la constitution d’un « pôle métropolitain Loire-Atlantique » avec Brest, Rennes, Nantes,  Saint-Nazaire, Angers pour plus de 2,2 millions d’habitants.

C’est la disparition des communes, des départements ! Et les « élus de BMO » toutes tendances confondues laissent … un mois aux communes pour décider !

Est-ce cela la démocratie ?.

Le POI rappelle que la loi de réforme territoriale a été votée par le Sénat en décembre 2010, à une voix de majorité. Considérant que le vote du 25 septembre 2011, où s’est exprimé le rejet de cette réforme, a donné une majorité au président PS Jean-Pierre Bel, le président Bel a la possibilité de déposer immédiatement une proposition de loi abrogeant la réforme territoriale.

Le POI invite tous les élus à soutenir la demande d’audience au Président de la République pour bloquer les SCDI, contre l’intégration forcée et à participer à sa préparation!

Brest, le 25 octobre 2011

 

Un militant CFDT :

La direction refuse. On vient de revoter la grève car il n’y a pas de négociations.

On a un statut de mutualiste.
Les administrateurs ont donné leur soutien au Président mais ils ne sont pas associés aux négo. Du coup, il y a beaucoup de présidents de caisse qui hésitent

La direction cherche à opposer les administrateurs et les clients aux salariés. Mais ils ont du mal à le faire

car on est uni à la base. Et puis, ils savent quelle est l’origine de la grève.

Je rappelle :  1 – les salaires : on veut 60 points pour tous ( ce qui équivaut à 150€) 2 – sur les salaires, c’est parti parce qu’on a eu connaissance des augmentations que les dirigeants se sont accordés (+ 15% de du salaire fixe et + 50% de la part variable, une moyenne de 30%). En plus ils ont constitué un SCD (société de cadres dirigeants) pour faire leur coup en douce.

Hier on était un millier en AG. La grève est totale depuis le mardi 27 septembre ; ça fait presque 2 semaines déjà. Il y a des endroits à 70% de grévistes, ailleurs 55%. Beaucoup d’agences sont fermées et celles qui ne le sont pas travaillent avec peu de monde donc dans de très mauvaises conditions.

On est conscient que les clients sont gênés mais on ne peut pas faire d’omelette sans casser des oeufs, et si on veut garder une caisse mutualiste, il faut en passer par là.

La direction veut faire croire que nous voulons seulement la « tête du Président » que c’est une grève « politique ». Non, nous, avec tous les syndicats, on veut nos revendications, les augmentations de salaires ; ce sont des revendications salariales au vu des bénéfices que les dirigeants se sont octroyés et la création de cette SCD pour les 126 cadres dirigeants.

Notre conflit devient national, ça se voit. On a maintenant les journalistes des journaux nationaux qui viennent. Tant mieux ! Cela mettra la pression sur les dirigeants parce que cela montre à tous que ça peut se faire partout.
Il faut aussi signaler que tout se passe bien, y a pas de casse, y a pas d’écarts. Les salariés restent dignes même si ce n’est pas  facile car la direction provoque.

C’est bien votre communiqué. Il n’est pas passé ? Comme c’est étonnant.

 

Un militant de la CGT :

Hier on était un millier, aujourd’hui un peu moins : environ 600-700. Hier on a mis le paquet pour qu’elle soit massive. Y a des AG tous les jours. La grève est bien suivie (plus de 50%). On a décidé de poursuivre notre. Aujourd’hui, c’était important aussi car il fallait passer le week-end (avec ceux qui d’habitude travaillent le Samedi ou d’autres  le Lundi).

En haut, ça lâche un peu, mais pas sur les revendications (ils ont donné un peu sur les chèques déjeuners mais c’est cela qui nous fera reprendre, c’est pas pour cela qu’on est en grève). Par exemple, ils ont voulu profiter de ce mouvement de grève pour revenir sur la convention collective en disant qu’ils augmentaient la salaire mensuel mais supprimaient les salaires sur 14 mois pour nous ramener à 13 mois. Et cela, non ! Il y a un piège. Tout le monde a dit NON !

Il y a unité syndicale, c’est important. Je rappelle les revendications : augmentation des salaires (au vu de ce que les dirigeants ont eu) et la question de la SCD. Ils veulent créer une Société Anonyme ; une Sa au sein même d’un établissement mutualiste. Ça nous choque tous ! Devant l’attitude extrêmement rigide de la Direction et du Président Denis, tout est figé. Ils ne veulent rien entendre.

J’ai laissé le communiqué de soutien du POI et l’appel du meeting du 1er Octobre à chacun ainsi que mes coordonnées.

Le Relecq-Kerhuon, devant le siège de la Direction

Le 7 octobre 2011

 

Le comité de Brest du POI apporte son soutien aux salariés du CMB (Crédit Mutuel de Bretagne Arkéa). Leur grève est totale depuis 7 jours, à l’appel de leurs organisations syndicales unis dans l’intersyndicale (CGT, CFDT, SNB, UNSA et FO).
Ils dénoncent les augmentations « excessives » des responsables qui « auraient touché 30% de plus en moyenne ». Ils précisent que ces mêmes dirigeants « ont eu 15% d’augmentation de leur salaire fixe et 50 % en y intégrant la part variable. »
« Pour compenser l’écart entre les faibles et les hauts salaires, ils réclament une augmentation salariale de 60 points pour tout le monde ce qui représente 150€ par mois « ou 7,5% pour un salaire de 2000€ net« .
Ils demandent aussi un abondement de 500€ par salarié et une augmentation de la valeur du chèque déjeuner. Pour argumenter, ils mettent en avant le bénéfice net enregistré par le groupe (273 millions d’euros, en progression de 77%).
Vendredi et Lundi, ils étaient plusieurs centaines à faire bloc devant la direction.
C’est tout un symbole de la situation sociale du pays.
Dans l’appel issu du meeting internationaliste convoqué par le POI ce Samedi 1er Octobre à Paris, il est dit :
« (…) Dans le monde entier, face à la banqueroute du système capitaliste, les travailleurs n’ont d’autre choix que de dresser grèves, manifestations, mobilisation pour mettre en échec les plans destructeurs que prétendent imposer des gouvernements de « gauche » comme de droite, agissant en serviles exécuteurs de la « Troïka » (FMI, UE et BCE).
C’est de légitime défense qu’il s’agit. Au nom des déficits publics qu’ils ont eux-mêmes creusés en renflouant banquiers et spéculateurs, au nom d’une dette qui n’est pas celle des peuples, ces gouvernements précipitent l’humanité dans la barbarie. (…) Ils voudraient enchaîner les organisations ouvrières à des combinaisons de consensus ou d’union sacrée. (…).
 »
Les organisations syndicales, les salariés du groupe CMB répondent, par la grève dans l’unité, la grève totale depuis 7 jours, qu’ils n’acceptent pas. Ils ont raison et ouvrent la voie aux autres.

Brest, le 5 Octobre 2011,

le comité de Brest du POI

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